Pelion

Stage de dessin - Les carnets de voyages

Riche d’histoires magiques, de mythes et de légendes, la péninsule du Pélion est un monde à part, en dehors de la réalité contemporaine. La ville portuaire de Volos est le dernier point d’encrage civilisé, la rationalité moderne, le dernier relais avant le départ vers un monde étrange, mystérieux, d’un autre temps. Volos est la plaine, le port, elle est gesticulations, moteurs, signalisations, vibrations sonores. Le Pélion la regarde de sa hauteur de 1635m, comme un ancêtre immortel. Son nom fait référence au roi Pelée, le père du héros Achille qui fut éduqué comme Jason par le sage Chinon, le centaure. Selon la mythologie, Le Pélion était la résidence d’été des dieux de l’Olympe et le royaume des Centaures. Monter les routes sinueuses de la péninsule vers les montagnes luxuriantes, chênes, hêtres, châtaigner, pins…pénétrer ces forêts denses qui regorgent de faunes sauvages, c’est comme voyager à travers le temps. C'est entendre les sabots des créatures mystérieuses sur les chemins de randonnées, c’est découvrir plus de mille cinq cent espèces de plantes médicinales et d’arbres sans pouvoir nier la présence fugace de Chinon, guérissant les blessures avec ces plantes et enseignant à Asclépios, l’art de la médecine.

Zone protégée « habitat » de l’union européenne, les villages étaient pour la majorité construits dans les hauteurs, à l’abri des attaques des pirates. L’architecture traditionnelle, hautes demeures aux fenêtres décoratives, aux portes en linteau de bois sculpté, aux toits de lauzes, comme des forteresses, elles étaient construites par des artisans d’Épire qui transmirent leurs savoirs à leurs congénères locaux, en utilisant les matériaux de la région : la pierre et le bois. 

Les premiers jours de notre voyage, nous découvriront les villages avec leur place centrale « le bazar » très pittoresque, cœur de la vie sociale avec ses tavernes, cafés, toujours à l’ombre d’un platane centenaire qui déploie ses branches et protège les habitants de soleil, l’eau qui coule de la fontaine joliment sculptée et l’église avec le st Patron du village. 

Les terres fertiles, l’abondance des cours d’eau, la facilité de transport par la mer ont participé à la croissance de la région au 19ème et 20ème siècle. Tout un réseau de voies pavées et de ponts relie les villages les uns aux autres, ainsi que le petit train « Moutzouris » conçu et réalisé en 1901-1903 par De Chirico, tunnels et viaducs en pierre et métal ont permis de traverser les montagnes et de mettre en connexion les régions du Pélion et Volos.

Les cultures se sont développées dès 1916 et dans les années 60, la fameuse pomme de Zagoria est très goûteuse, comme les poires, cerises, ainsi que les châtaignes et les noisettes. La floriculture et l’apiculture sont des traditions de la région. Au printemps les villages embaument les jardins fleuris et les paysages sont verdoyants. Chaque récolte est prétexte à organiser une fête ou les musiques et danses traditionnelles envahissent les places.

Le Pélion est très lié avec le Mont Athos et les Météores, une multitude d’églises aux fresques remarques et de monastères centenaires jalonnent les montagnes. 

Rejoindre les criques turquoise, c’est descendre à regret ces monts envoûtants, mais la beauté de la côte découpée aux eaux transparentes, offrent de nouvelles inspirations. Les rivières dévalent des sommets vers la mer à travers de profondes gorges envahies de platanes. Entre mer et montagnes, une semaine ne suffira pas pour dessiner toutes ces splendeurs. Le Pélion n’est pas un lieu de passage, mais un univers parallèle qui nous appelle et nous retient. 

Les carnets de voyages
Pascaline Bossu • 0030/697 35 35 713 • pascalineboss@hotmail.com • © toutes les photographies sont soumises à des droits d'auteur